Vendredi 3 juillet 2009
Cliquer pour voir le début, la suite, la suite et la suite

Dimanche

     Nous avons rendez-vous à 13h30, la représentation pour les résidents de la maison de retraite étant à 15h. Gaëtan est en retard, et nous attendons tous dans les jardins. On échange nos impressions sur le spectacle de la veille, et nos appréhensions pour celui de l'après-midi. En effet, nous ne sommes pas sûrs que les deux pièces soient très bien reçues par ce public constitué de vieillards et de bonnes soeurs. Mais après tout, pourquoi pas.
     Nous n'avons qu'une heure pour nous échauffer, faire nos "bra bre bri bro bru", nos "des singes savants et sages, des singes sages et savants" et nos "et si la cathédrale se décathédralisait, comment la recathédraliserions-nous?". On installe ensuite le décor en vitesse, et on court se changer. J'ai mal au ventre et à la tête pour cause de problème féminin, et je me dis que ça ne va pas être évident de jouer un pompier viril dans ces conditions. Je lace mes rangers sans grand entrain, et vais m'isoler dans le noir des coulisses latérales. Non loin de moi, Mr Smith révise son texte. Il n'a pas l'air super en forme non plus.
     Je jette un oeil au public qui s'installe. Le premier rang est rempli de petits vieux en fauteuils roulants, ceux que ma grand-mère traite pas très gentiment de "momies". Gaëtan vient nous voir pour nous donner quelques consignes. "Il est possible qu'ils se mettent à parler en plein milieu. Dans ce cas, faites comme pour les rires, attendez un peu avant de continuer à jouer. Et surtout ne vous formalisez pas." Bon, on verra bien.
     Le noir se fait dans la salle. Je traverse les coulisses arrières pour aller encourager Mr et Mme Smith. Ils rentrent en scène (dans le noir cette fois), et je retourne de l'autre côté avec les Martin, tout en mangeant une compote de pommes pour me donner des forces. J'ai le sentiment étrange que le fait de jouer cette pièce devient déjà une sorte de routine, une habitude. J'ai la sérénité de quelqu'un qui va travailler, faire un boulot qu'il aime, sans qu'il n'y ait de véritable enjeu. Le trac me manque presque.
     Tout le début de la pièce se déroule dans un silence religieux. Je suis gênée pour Mme Smith, qui doit jouer un dialogue à la limite de l'orgasme. Pas sûr que les spectateurs apprécient. Ils se dérident (enfin façon de parler) quand même à la deuxième scène, celle des Martin. On entend enfin quelques rires, et même des commentaires. La suite est assez interactive, les petits vieux se révèlent être plutôt vifs. Je vois que Gaëtan se détend un peu. Peu avant mon entrée en scène, il me donne une dernière instruction pour faire le coq qui veut faire le chien. J'acquiesce et me lance dans l'arène.
     "BONJOUR MESDAMES ET MESSIEURS !!!"
     Rires. Mon entrée fait toujours autant d'effet, avec mon pantalon rouge, mon manteau jaune poussin, et mon beau casque de pompier. Tout se déroule normalement : mon interrogatoire (voir la photo), mes anecdotes, celles de Mr et Mme Smith... jusqu'au moment où je me retrouve au devant de la scène. Je viens de finir une réplique, et dans une seconde de silence, une voix tremblante s'élève dans l'assemblée : "Est-ce que quelqu'un peut m'amener à l'accueil s'il vous plaît". C'est une vieille dame en fauteuil qui semble mourrante. J'ai un moment d'arrêt, guettant un mouvement d'une bonne soeur parmi les spectateurs. Personne ne bouge. Je reste plantée sur la scène, ne sachant trop quoi faire. Je me tourne vers mes compagnons. "Qu'est-ce qu'on fait ?". Là on voit que quelqu'un parmi les spectateurs a enfin réagi et va à la rencontre de la vieille dame. Mme Smith reprend alors la pièce, mais se trompe sur sa réplique. "Qu'est-ce qu'il y a pour votre service, Capitaine ?". Je lui fais "non" de la tête, et elle se reprend : "De toute façon il n'y a pas l'heure chez nous !". On entend parmi les spectateurs "Hein ?", Mme Smith secoue sa cloche, et la pièce reprend le cours normal.


     Lorsque l'on se retrouve dans les coulisses à la fin de la pièce, nous soupirons tous. Nous sommes un peu déçus par notre prestation (nous étions largement plus en forme la veille). Par là-dessus vient s'ajouter la peine d'avoir terminé notre week-end de représentations. Je me rends compte que ça ne m'aurait pas dérangé de continuer à jouer tous les jours pendant quelque temps, même si je me sens épuisée et vidée après chaque spectacle.
     Nous rangeons toutes nos affaires (costumes, maquillage, décors...) avec une pointe de nostalgie, et allons dans la salle pour regarder jouer les autres. The show must go on !

Lundi :

     Nous nous retrouvons chez Mme Martin n°1 pour regarder le DVD de nos spectacles du vendredi et du samedi. Ca nous fait beaucoup rire. C'est malheureusement le dernier moment où nous sommes tous réunis, Mr Smith partant au Canada l'année prochaine. Heureusement toutes les autres continuent. Et puis nous aurons des petits nouveaux, avec lesquels nous vivrons d'autres aventures !
     Gaëtan a dit que l'année prochaine je jouerai un rôle de femme. Héhé attention messieurs, j'arrive !


Par Coq - Publié dans : la stupidité par écrit
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Jeudi 2 juillet 2009

Pour le début, voir , et

     Je retrouve Mme Martin en bas de mon immeuble. Nous passons prendre Mr Martin, et nous rendons à la maison de retraite. Nous installons directement le décor. On commence déjà à avoir l'habitude, ça va assez vite. On a une fausse plante verte en plus, et des paravents, ce qui habille bien la scène. Cette fois les rideaux sont rouges, ça donne plus de chaleur à "l'intérieur bourgeois anglais".
     Les spectateurs commencent à arriver, et nous allons nous changer en coulisses. On a de vraies et belles coulisses, comme une arrière salle tout en long, avec des grands placards remplis d'accessoires, de costumes, de perruques et de fausses barbes. C'est plus pratique pour se planquer, et pour se rejoindre d'un côté à l'autre de la scène sans être vu.
     Cette fois Gaëtan ne ferme pas les rideaux, pour que les spectateurs puissent voir le décor en entrant. Du coup Mr et Mme Smith sont censés entrer dans le noir. Je guette à travers la fente des rideaux sur les côtés si mes soeurs sont arrivées. J'ai déjà croisé Coums aux toilettes, et je vois Ponx assise pas loin.
     Gaëtan fait son petit discours pour présenter les deux pièces. On commence par la nôtre. Le noir se fait, le brouhaha s'estompe. On attend les trois coups mais cette fois il ne les fait pas. La lumière se rallume, et on constate que Mr et Mme Smith ne se sont pas assis. On le souffle à Gaëtan, qui court de l'autre côté des coulisses (en passant par derrière, donc) pour leur dire d'entrer en scène. Du coup ils rentrent dans la lumière. Je trouve que ça fait bizarre, je préfère l'ambiance d'une scène noire, avec les trois coups qui résonnent, et le rideau qui s'ouvre.
     Malgré tout le début se passe bien. La salle est encore plus réceptive que la veille, et les gens rient pas mal. Sauf ma soeur Coums. Je la vois à travers la fente d'un paravent. Elle semble se faire royalement chier. Bon, tant pis.
     Mr et Mme Martin entrent en scène. Gaëtan et moi mimons leurs gestes et paroles. On commence à connaître la pièce par coeur, et ça nous amuse de plus en plus. On attend leurs intonations avec impatience, on guette les gestes qui nous font rire, en se lançant des regards complices.
     Vient mon tour d'entrer en scène. Gaëtan me fait un signe pour me dire de me détendre, mais en réalité il semble plus nerveux que moi. Je le rassure en lui soufflant que tout ira bien. Ce soir, je le sens bien, j'ai la patate !
     "BONJOUR MESDAMES ET MESSIEURS !!!"
     J'ai le coeur qui bat un peu plus quand mon regard croise celui de mes soeurs, j'ai un peu envie de rire aussi, en réalisant comme je suis ridicule dans mon costume de pompier. Mais je fais abstraction de tout ça, et joue plutôt bien. Mis à part le moment où je rigole parce que Mme Smith glisse et s'accroche au rideau pour ne pas tomber, et l'autre où Mr Smith danse stupidement (pour ce passage je ne peux pas résister, je suis toujours morte de rire, surtout quand je croise le regard de Mr Martin qui n'en peut plus non plus...).
     Au moment du salut, toujours ce même sentiment, mélange de fierté, de soulagement, et de bonheur extrême...


     Nous repartons nous changer rapidement, car les autres passent dans un quart d'heure. Ca se bouscule dans les coulisses, entre ceux qui débarrassent la scène, ceux qui se changent, et ceux qui se maquillent. Gaëtan vient nous voir pour nous féliciter. Mme Martin lui demande "On t'a bluffé ?" et il répond "Non quand même pas mais je suis fier de vous !" Hum...
     Je retrouve mes soeurs dans la salle. Comme je l'avais prévu, Coums et son copain se sont fait chier. Ce n'est visiblement pas leur genre d'humour. Ponx, elle, a trouvé que ça manquait un peu de rythme. Bon, au moins, ils ont le mérite d'être francs... Je ne m'offusque pas pour autant, tant pis, chacun ses goûts. Visiblement ça a quand même plu à d'autres, c'est l'essentiel. Ca tombe bien, réussir à me passer de l'approbation de mes proches fait partie de mon travail sur moi...
     Ponx et son copain s'en vont, mais Coums, Tayfun et mon cousin restent pour la deuxième pièce. Coums et Tay se font encore plus chier (d'autant plus que la pièce est plus longue...). Ensuite nous allons en quête d'une pizzeria et rentrons chez moi pour manger. (Ca aura été une journée pizza aujourd'hui...).
     Tous repartent pas trop tard. Le lendemain, j'ai encore une représentation ! J'ai encore hâte d'y être. Une vraie drogue ! Je rêve toute la nuit de la pièce, et j'ai donc un sommeil un peu agité, entrecoupé de "Comme c'est curieux, comme c'est bizarre et quelle coïncidence !", de "Un jeune veau avait mangé trop de verre pilé", de "On le dit !" "On dit aussi le contraire..." "C'est juste !", etc etc.
     Ainsi, en ce dimanche matin, je n'ai pas la grande forme...

(La suite demain ! Eh oui...)

Par Coq - Publié dans : la stupidité par écrit
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Mercredi 1 juillet 2009
Pour le début voir et

Samedi

     Je me lève tôt, à 8h40 (pour une fois avant Panda !). Après un petit déjeuner vite expédié, j'attends notre Mme Martin du week-end en bas de mon immeuble, à 9h15, avec deux énormes sacs plastiques (avec mon costume et les draps pour les chaises du décor).
     Nous marchons ensemble jusque chez Mr Martin. La ville est déjà bien éveillée, nous croisons des facteurs et des mères de famille avec leurs enfants. Je cache mes yeux fatigués derrière mes grandes lunettes de soleil. Il fait déjà chaud. Arrivées en bas de chez Mr Martin, nous le la voyons dépasser par sa fenêtre pour nous dire qu'elle arrive. Peu après, la porte s'ouvre, et Mr Martin nous dit bonjour, les bras chargés également. Nous poursuivons notre chemin jusqu'à la salle prêtée par les Petites Soeurs des Pauvres. Il s'agit en fait d'une maison de retraite équipée d'une grande et belle scène de théâtre. Nous allons y jouer ce soir pour nos familles et autres invités, et demain pour les résidents.
     Le portail franchi, nous retrouvons Mary, qui n'ose pas entrer. Une soeur vient à notre rencontre, et nous conduit jusqu'à la salle. Elle nous interroge sur notre troupe, demandant s'il y a aussi des groupes d'adultes. On a un temps d'arrêt : "Euh... nous SOMMES des adultes." Elle sourit "Ah bah vous êtes des jeunes adultes alors !" Mary, qui a la quarantaine, a un sourire jusqu'aux oreilles.
     Gaëtan n'est pas encore là. Nous posons toutes nos affaires, et sortons dans le jardin. Mr et Mme Smith arrivent à leur tour, et nous échangeons sur les impressions des spectateurs de la veille. La famille de Mme Smith et de Mr Martin ont beaucoup aimé, et ont été agréablement surpris.
     Lorsque Gaëtan arrive, nous nous mettons rapidement au travail. Nous nous échauffons un peu, et nous fouillons les coulisses à la recherche de décors ou d'accessoires qui pourraient nous servir. Nous alignons les chaises pour les spectateurs. Enfin les autres les alignent, et moi, qui ai repéré un piano, les encourage en jouant. (c'est pratique de savoir jouer du piano, on s'y installe, on joue quelques notes, et on nous supplie de continuer, nous permettant ainsi de ne pas effectuer de tâche ingrate). Gaëtan fait des essais de lumières. Un projecteur est grillé, et la scène n'est pas assez éclairée.
     Le groupe du jeudi, ceux qui joueront après nous, arrive sur ces entrefaites. L'un d'eux repart aussitôt pour chercher une lampe hallogène. Puis nous finissons de nous échauffer tous ensemble. Gaëtan va tout au fond de la salle pour vérifier que l'on parle assez fort. Nous faisons entre autres le "chuchotement du théâtre", un faux chuchotement fait pour être bien entendu du public.
     Le deuxième groupe s'assoit ensuite pour nous regarder répéter. Ils sont plutôt bon public, et rient beaucoup et bruyamment ! Nous faisons la pièce entièrement, mais en étant interrompus par Gaëtan pour réajuster certaines choses. Une fois terminé, ceux du deuxième groupe viennent nous féliciter en coulisses, et se préparent pour leur propre répétition. Bien que la faim nous tenaille (surtout Mr Smith et moi), nous décidons de rester pour les regarder jouer. Grave erreur. Au début tout va bien, mais au fur et à mesure que ma faim augmente, ma patience diminue. Mon ventre gargouille, je ne vois pas la fin se profiler, je m'ennuie, je soupire, je sens Mr Smith à côté de moi au bord de la crise de nerfs. Mme Smith, elle, ne voit pas le temps passer : la pièce lui plaît. Quand la répétition des autres est (enfin) terminée, je suis tiraillée entre le fait de les féliciter parce que tout de même ça se fait, et mon envie de rester vraie et d'assumer le fait de ne pas avoir aimé. J'opte pour un milieu mou et peu convaincu, les félicitant pour leur jeu (car c'est vrai qu'ils jouent bien).
     Malgré l'heure tardive (presque 15h), nous arrivons à trouver une pizzeria ouverte. Mr Smith, Mr Martin et moi-même passons pour des morfales car nous exigeons d'avoir une pizza entière, tandis que les autres se contentent d'une demi pizza. Les fous.
     Après le repas, chacun rentre chez lui se reposer. Je m'écroule sur mon lit, et fais une bonne sieste. A mon réveil, je sens que ça y est, je suis en pleine forme. Ce soir, je vais tout donner !
     Enfin j'espère.

(la suite demain ! Quel suspens...)
Par Coq - Publié dans : la stupidité par écrit
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Mardi 30 juin 2009
le début est ici

     Mary entre en scène, époussette Mr et Mme Smith comme s'ils faisaient partie des meubles, et commence son monologue. Silence religieux parmi les spectateurs. Je me dis "Ca y est, elle a fait son baptème de la scène." Mary repart vers les coulisses d'en face, et laisse les autres continuer. Pendant ce temps, elle se glisse derrière les rideaux arrières pour nous rejoindre de l'autre côté. Elle fait attention à ne pas laisser claquer ses talons, et à ne pas faire bouger le rideau noir derrière Mr et Mme Smith qui dialoguent. Quand elle arrive enfin jusqu'à nous, je la félicite en levant mon pouce, et elle me fait une petite moue et un signe de la main signifiant "mouais bof". Je l'encourage encore une fois du regard avant qu'elle ne retourne sous les lumières.
     Mr Martin enfile sa veste. C'est bientôt à eux de faire leur entrée. Mme Martin me sourit, Mr Martin prend une respiration, guettant tous deux l'arrivée de Mary vers eux, et ils s'élancent à leur tour.
     Me voilà seule de ce côté des coulisses. La dernière à entrer. Tous sont "lancés", et moi je sens mon coeur battre dans ma poitrine. J'ai envie de les rejoindre tout de suite, d'en finir une fois pour toutes. Mais j'attends sagement. Le public commence à se dérider, quelques rires fusent. Ca me rassure un peu. J'enfile ma polaire jaune et mon casque de pompier. J'actionne la sonnette (ma première contribution au spectacle !) Puis je respire, et guette les paroles de Mme Smith, signal de mon entrée en scène.
"BONJOUR MESDAMES ET MESSIEURS!!!"
Entrée fracassante s'il en est. Quelques rires. Mon coeur qui bat. Le texte qui défile dans ma tête et sort de ma bouche quasiment automatiquement. Petit à petit je prends de l'assurance, et campe mon pompier viril et fier de lui.


     Le spectacle se passe plutôt bien. Je me trompe dans une réplique mais ça ne se voit pas : je rattrape le coup en abrégeant, et du coup Mme Smith qui doit parler ensuite a une seconde d'hésitation, et enchaîne.
     Je crois qu'on a tous cafouillé à un moment ou un autre, mais dans l'ensemble ça s'est plutôt bien passé.
     Pendant le salut, les applaudissements ne s'arrêtent pas. Un large sourire illumine mon visage. Je suis heureuse, fière de moi, j'ai envie de rire, mille sentiments différents me traversent, tous positifs.
     Les rideaux se ferment. En nous relâchant, nous nous mettons à rire et à parler tous en même temps, se racontant nos bourdes respectives et nos émotions. Gaëtan vient nous féliciter, nous disant (je cite) que "c'était bien pour une première". Bon, on a compris... On se change et on range en même temps, on ne sait plus par quoi commencer, tous un peu sonnés. J'ai enlevé mes rangers et mon pantalon, mais j'ai encore mon t-shirt de pompier, et je case les accessoires dans le gros sac orange flash de Mary, ma jupe pas encore tout à fait fermée.
     Une fois rhabillés et la scène dégagée pour la chorale qui va suivre, nous sortons de derrière les rideaux, nous confrontant aux spectateurs. Quelques-uns nous arrêtent en chemin pour nous féliciter. D'autres discutent entre eux en riant en évoquant des passages de la pièce. Je ne pensais pas honnêtement qu'elle serait aussi bien reçue.
     Nous avons rendez-vous tôt le lendemain pour répéter sur l'autre scène, celle prêtée par les Petites Soeurs des Pauvres, alors nous rentrons tous chez nous, un grand soleil dans le coeur.

(la suite demain !)

Par Coq - Publié dans : la stupidité par écrit
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Lundi 29 juin 2009

     Ca y est, notre week-end de représentations est terminé ! Snif... Ca s'est super bien passé, j'ai adoré chaque instant ! Laissez-moi vous raconter ça dans le détail...

Vendredi

     Rendez-vous à 15h chez une coiffeuse pour celle qui joue Mme Martin. Mme Smith et moi-même (le pompier, donc, pour ceux qui n'ont pas suivi) l'avons retrouvée là-bas parce qu'on voulait voir comment elle se faisait "brushinguée". C'est un tout petit salon de coiffure place des frères Lumière (à 10 minutes de chez moi à pieds), tenu par un couple de coiffeurs relativement âgés, et qui reçoivent principalement des habitués. J'ai bien aimé l'ambiance de ce salon, avec l'orage qui faisait rage dehors, nous étions bien au chaud derrière le rideau de pluie, à rire et à papoter. J'ai pris la carte du salon, je prendrai rendez-vous bientôt, la coiffeuse est vraiment gentille et connaît son boulot, et puis je préfère l'ambiance petit salon à celle d'une chaîne.
     Après nous nous sommes faufilées entre les gouttes jusqu'au métro pour aller faire quelques courses à Part-Dieu (acheter des Kinder Surprise pour la pièce). Dans la foulée nous nous sommes rendues chez Mme Martin, où nous avons dîné et commencé à nous maquiller.
     19h30 : nous arrivons sur le lieu du spectacle (la salle où l'on répète chaque semaine). Mr Martin, Mr Smith et Mary sont déjà là, et mettent le décor en place. Mr Martin (qui est en fait une fille) agraffe les tissus sur les chaises pour les transformer en fauteuils. Gaëtan (notre prof) installe les chaises du public. Puis il nous réunit pour faire quelques exercices d'échauffement et d'articulation. On fait aussi une "montée de sentiments", et des essais pour vérifier que l'on parle assez fort.
     L'heure du spectacle approche, nous allons nous habiller, au son de la chorale qui répète dehors (leur représentation est juste après la notre). Ca se bouscule près du seul miroir pour qui veut se coiffer ou se maquiller. L'excitation et le trac montent un peu, on se taquine les uns les autres.
     Les spectateurs commencent à s'installer, et nous nous réunissons sur la scène cachée par le rideau. Jusque là j'étais plus dans l'euphorie que dans la peur, mais Gaëtan fait monter la pression en nous faisant nous mettre en cercle pour un exercice (censé être) de relaxation. On ferme les yeux, respire par le ventre, il passe derrière chacun de nous pour nous masser un peu les épaules, on fait quelques "ba be bi bo bu, bra bre bri bro bu, pra pre pri pro pru" et, les yeux fermés, il nous donne les dernières instructions "Pensez à parler fort, à prendre votre temps, et surtout, surtout, à vous AMUSER!"
     Il nous abandonne ensuite à notre sort. On regarde les spectateurs à travers la fente du rideau. Mr Martin et Mme Smith vérifient que leur famille est bien arrivée. Notre deuxième Mme Martin (qui jouera le lendemain et le dimanche, la première Mme Martin étant à un mariage) vient nous voir pour nous encourager. Gaëtan revient, et serre le bras de chacun d'entre nous en nous disant "merde" les yeux dans les yeux. Ca y est, j'ai vraiment peur.
     Gaëtan ressort, on entend le brouhaha des spectateurs qui s'estompe. Mr et Mme Smith se mettent en place, et nous nous cachons dans les coulisses. A côté de moi, Mr Martin ferme les yeux pour se concentrer et évacuer le trac. Mme Martin semble plus sereine. En face, derrière les autres coulisses de l'autre côté de la scène, Mary se prépare, ajuste son tablier et pose son plumeau. Ce soir c'est elle qui ouvre les rideaux, ça fait partie de la mise en scène.
     Gaëtan fait un petit discours pour introduire la pièce. Applaudissements. Petit instant d'attente.
     Le noir se fait. Je souffle à Mr Martin "Ca y est, on y est, on peut plus reculer!"
     Les trois coups résonnent dans le silence et dans le noir. La lumière s'allume sur la scène. Mr Smith me lance un dernier regard avant que Mary n'ouvre le rideau.
     Et la pièce commence.


La suite demain ! ;-)

Par Coq - Publié dans : la stupidité par écrit
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