Ca y est, notre week-end de représentations est terminé
! Snif... Ca s'est super bien passé, j'ai adoré chaque instant ! Laissez-moi vous raconter ça dans le détail...
Vendredi
Rendez-vous à 15h chez une coiffeuse pour celle qui joue Mme Martin. Mme Smith et
moi-même (le pompier, donc, pour ceux qui n'ont pas suivi) l'avons retrouvée là-bas parce qu'on voulait voir comment elle se faisait "brushinguée". C'est un tout petit salon de coiffure place des
frères Lumière (à 10 minutes de chez moi à pieds), tenu par un couple de coiffeurs relativement âgés, et qui reçoivent principalement des habitués. J'ai bien aimé l'ambiance de ce salon, avec
l'orage qui faisait rage dehors, nous étions bien au chaud derrière le rideau de pluie, à rire et à papoter. J'ai pris la carte du salon, je prendrai rendez-vous bientôt, la coiffeuse est
vraiment gentille et connaît son boulot, et puis je préfère l'ambiance petit salon à celle d'une chaîne.
Après nous nous sommes faufilées entre les gouttes jusqu'au métro pour aller faire
quelques courses à Part-Dieu (acheter des Kinder Surprise pour la pièce). Dans la foulée nous nous sommes rendues chez Mme Martin, où nous avons dîné et commencé à nous
maquiller.
19h30 : nous arrivons sur le lieu du spectacle (la salle où l'on répète chaque
semaine). Mr Martin, Mr Smith et Mary sont déjà là, et mettent le décor en place. Mr Martin (qui est en fait une fille) agraffe les tissus sur les chaises pour les transformer en fauteuils.
Gaëtan (notre prof) installe les chaises du public. Puis il nous réunit pour faire quelques exercices d'échauffement et d'articulation. On fait aussi une "montée de sentiments", et des essais
pour vérifier que l'on parle assez fort.
L'heure du spectacle approche, nous allons nous habiller, au son de la chorale qui
répète dehors (leur représentation est juste après la notre). Ca se bouscule près du seul miroir pour qui veut se coiffer ou se maquiller. L'excitation et le trac montent un peu, on se taquine
les uns les autres.
Les spectateurs commencent à s'installer, et nous nous réunissons sur la scène cachée
par le rideau. Jusque là j'étais plus dans l'euphorie que dans la peur, mais Gaëtan fait monter la pression en nous faisant nous mettre en cercle pour un exercice (censé être) de relaxation. On
ferme les yeux, respire par le ventre, il passe derrière chacun de nous pour nous masser un peu les épaules, on fait quelques "ba be bi bo bu, bra bre bri bro bu, pra pre pri pro pru" et, les
yeux fermés, il nous donne les dernières instructions "Pensez à parler fort, à prendre votre temps, et surtout, surtout, à vous AMUSER!"
Il nous abandonne ensuite à notre sort. On regarde les spectateurs à travers la fente
du rideau. Mr Martin et Mme Smith vérifient que leur famille est bien arrivée. Notre deuxième Mme Martin (qui jouera le lendemain et le dimanche, la première Mme Martin étant à un mariage) vient
nous voir pour nous encourager. Gaëtan revient, et serre le bras de chacun d'entre nous en nous disant "merde" les yeux dans les yeux. Ca y est, j'ai vraiment peur.
Gaëtan ressort, on entend le brouhaha des spectateurs qui s'estompe. Mr et Mme Smith
se mettent en place, et nous nous cachons dans les coulisses. A côté de moi, Mr Martin ferme les yeux pour se concentrer et évacuer le trac. Mme Martin semble plus sereine. En face, derrière les
autres coulisses de l'autre côté de la scène, Mary se prépare, ajuste son tablier et pose son plumeau. Ce soir c'est elle qui ouvre les rideaux, ça fait partie de la mise en
scène.
Gaëtan fait un petit discours pour introduire la pièce. Applaudissements. Petit
instant d'attente.
Le noir se fait. Je souffle à Mr Martin "Ca y est, on y est, on peut plus
reculer!"
Les trois coups résonnent dans le silence et dans le noir. La lumière s'allume sur la
scène. Mr Smith me lance un dernier regard avant que Mary n'ouvre le rideau.
Et la pièce commence.
La suite demain ! ;-)
Je trépigne devant la scène, tu me vois là?
Et sinon oui, je te vois bien trépigner! Mais trépigne encore, je raconterai la suite que demain, na! Là je vais partir chez Mme Martin (première) avec toute la troupe pour voir la vidéo du spectacle...
Quand Bukowski faisait la tournée des campus pour lire sa poésie il en gerbait de trac ! (et il picolait comme un dingue accessoirement) Par contre je suis bon public ! encore bravo !!
Moi aussi je croyais avant que je n'aurais pas le courage d'affronter une foule comme ça (quoique "foule" est un bien grand mot... :-P) mais en fait on est porté par la troupe, et on s'amuse tellement qu'on en oublie (presque) sa peur!
(pour Bukowski il y a peut-être un lien entre le fait qu'il picole et le fait qu'il gerbe...)
keskivasseupassé... tin tin tiiiinnnn !