Vous avez peut-être remarqué au fil du temps passé sur le
Blog de Boudard que j'aime bien manger. J'ai une certaine réputation de goinfre parmi mes proches. Moi je dirais plutôt que je suis une bonne vivante, parce que je ne mange pas tant que ça
finalement, mais j'aime ça. J'apprécie un bon repas, de la bonne chair, du bon vin, et de la bonne compagnie.
J'étais prédestinée à vivre avec un Chinois, je crois. Parce que dans le genre ils aiment la nourriture, j'ai trouvé mes maîtres! C'est bien simple, chez eux tout est un
bon prétexte pour manger. Déjà ils grignotent tout le temps, tout au long de la journée, quand ils reçoivent. Mais c'est pas grave c'est plutôt des bonnes choses: des graines de tournesol, des
mandarines, etc. Tous les Chinois ont à portée de main une réserve de trucs à grignoter pour quand on leur rend visite. Si vous voulez survivre en Chine, il faudra apprendre à dire "Bu che"
(prononcez "bou tcheu") qui veut dire mot à mot "pas manger", ou encore "bu e" ("bou euh") qui veut dire "pas faim". Ca ne suffira probablement pas (je me suis déjà retrouvée avec un bonbon mis
directement dans ma bouche par notre hôte) mais ça limite la casse.
Quand on va en Chine avec Panda, on se réjouit de longues semaines à l'avance sur ce qu'on va y manger. Là-bas, le matin, on mange une sorte de crêpe "Jian bing guo zi".
La marchande de crêpes s'installe généralement au bout de la rue. Elle
aménage son matériel sur une charrette accrochée à un vélo, et elle a préparé tous les ingrédients chez elle. Sa crêperie ambulante est toujours entourée d'habitués gourmands et de chauffeurs de
taxi qui attendent leurs premiers clients en fumant. Elle fait ses crêpes en un tour de main. Elle étale de la pâte sur une plaque chaude ronde, puis casse un oeuf dessus, parsème du poireau débité en tous petits morceaux, retourne la
crêpe, ajoute un beignet de farine frite, le tartine d'une sauce marron, replie le tout, le met dans un sac plastique, et entame la suivante. Ca ressemble à peu près à ça:
Mais là c'est la version "chargée"
Mais le plat que je préfère, ce sont les nouilles "La mian" (prononcez "la mienne").
Ca amuse beaucoup les amis de Panda, car c'est un repas plutôt économique, et pas du tout considéré comme romantique. C'est un peu comme s'il m'emmenait manger dans
un fast food en France. Les
« restaurants » de nouilles sont bien souvent des toutes petites échoppes, aux tables et aux bancs crasseux, et dont les clients ont l'air suspect. Quand on a de la chance, les
baguettes n'ont jamais servies. Ce sont des baguettes en bois jetables, qu'il faut séparer l'une de l'autre d'un coup sec. Les Chinois les frottent l'une contre l'autre pour éliminer toute la
sciure, et éviter ainsi de se mettre une écharde sur la langue.
J'aime bien
regarder les cuisiniers préparer les nouilles. Ils font une belle pâte, qu'ils séparent ensuite en plein de petits filaments, à une vitesse surprenante, puis ils jettent ça dans une grande
marmite de bouillon.
Ils servent le tout dans un bol, et rajoutent quelques
morceaux de viande, de la coriandre et d'autres herbes, du piment... C'est prêt en un rien de temps. Ca ressemble à peu près à ça:
Souvent le cuisinier est
surpris et tout heureux de constater que la faguoren (française) a tout fini...
A
Xi'an on a mangé une variante des La Mian classiques... Le principe est le même, sauf qu'en plus on nous donne des galettes de pain à déchiqueter nous-mêmes dans un bol qu'on rend ensuite au
cuisinier. Il met les nouilles et le bouillon avec, et les morceaux de pain flottent dans le bouillon et s'en imbibent. C'est très bon.
A
Xi'an toujours on a été dans un restaurant un peu spécial, un restaurant de barbecues. La pièce du bas était déjà remplie, et on est monté directement au deuxième étage. En haut, comme en bas, ce sont de grandes tablées, des tréteaux collés les uns aux autres,
de sorte que chaque groupe de client n'est pas isolé des autres, comme si on formait tous une grande famille. Ca m'a rappellé les Bier Fest en Allemagne. Un serveur arrive sur le seuil de l'escalier, avec un grand plat rempli de brochettes. Il hurle comme un marchand de poisson à
la criée pour dire ce qu'il amène, et se fait tout de suite apostropher par une cinquantaine de clients affamés. C'est ceux qui crient le plus fort et avec le plus d'insistance qui gagnent. Il
ne faut pas commander un plat particulier, mais prendre ce qui vient –si on y arrive.
Dans les vieilles villes, que ça soit à Xi'an ou à Tianjin,
on a à peine la place d'avancer tant la population est dense. Tous les deux mètres même pas on
trouve des marchands ambulants de brochettes au barbecue, de glaces, de beignets, de sculptures en sucre, de gâteaux de sésame, et de beaucoup d'aliments inconnus, aux formes et aux couleurs
étranges. Je me suis souvent fait la réflexion qu'ils ne passeraient jamais les contrôles d'hygiène alimentaire européens...
Pour les fêtes, ils font beaucoup de raviolis, car leur
forme ressemble à celle des anciens lingots d'or en Chine. Enfin à vous de juger :-P
Pour les anniversaires, ils préparent des nouilles. Elles
sont en effet symbole de longévité en Chine, et c'est le plat d'anniversaire type, comme chez nous le gâteau avec les bougies. La mère de Panda sait bien les faire.
Dans les nouilles, il faut
verser un peu d'huile de sésame, puis rajouter d'un peu tous les plats dans le bol, et mélanger tout ça. Des haricots revenus avec des oignons, des pommes de terre sautées, des carottes au
tofu, des aubergines grillées... un délice.
Voilà
voilà! Je vous parlerai du repas au restaurant dans un prochain article!
Seule la dernière photo est de moi. Les autres proviennent de divers sites sur
Internet, je ne sais plus lesquels. Si quelqu'un reconnaît une de ses photos il peut me le signaler.
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