Samedi 24 octobre 2009
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11:35
Un article court pour pousser un coup de gueule !
Mardi prochain avec Panda on doit passer la journée (à peu de choses près) à la préfecture
pour y chercher son titre de séjour annuel (on a déjà passé une journée là-bas fin juillet pour faire la demande de renouvellement de son titre de séjour).
Sauf que vendredi, par la poste, on a reçu un courrier de la préfecture, nous demandant de leur renvoyer au plus vite une déclaration sur l'honneur de communauté de vie. Un
truc à la con du genre "Je soussigné Panda déclare sur l'honneur vivre toujours en communauté de vie avec Coq".
Sachant qu'en juillet on leur a déjà fourni :
- la photocopie de notre livret de famille
- la photocopie de ma carte d'identité
- 4 factures ou autres papiers à nos deux noms, prouvant que nous habitons bien ensemble (quittance de loyer,
facture d'électricité, feuilles d'impôts, etc.)
- Plus encore un autre papier en plus servant de justificatif de domicile
Et sachant que sur place (la présence du conjoint (donc moi) est obligatoire pour une demande de titre de
séjour familial) on a déjà rempli un papier disant que nous sommes mariés et vivons ensemble, est-ce qu'on a des enfants, etc etc.
Donc franchement je ne comprends pas pourquoi ils ont encore besoin de cette déclaration-là
!
J'veux bien qu'ils tentent de lutter contre les faux mariages, mais d'une, une déclaration
sur l'honneur c'est très facile à faire même quand c'est un faux mariage (donc je ne vois pas en quoi ce papier aide à la lutte contre les mariages blancs), et de deux, j'en ai marre qu'ils
partent du principe que notre mariage est un faux et qu'on doive démontrer qu'il est vrai. Vive la présomption d'innocence !
Ca m'énerve de penser que le titre de séjour de Panda n'est certainement toujours pas prêt (vu qu'ils demandent un autre papier), et qu'on va devoir se taper DEUX
journées à la préfecture au lieu d'une seule (mardi on va chercher un récépissé parce que son ancien titre de séjour ne sera bientôt plus valable, et comme son nouveau titre de séjour n'est
visiblement pas encore prêt... on ira le chercher dans trois mois !)
Et ça m'énerve de me dire que de toute façon, les frontières sont faites pour les pauvres, les riches les passant sans difficulté.
Je sais, ce n'est pas un scoop, mais pu**** nous vivons vraiment dans une société de m**** !!!
Par Coq
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Dimanche 18 octobre 2009
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J'ai trouvé, grâce à Mr
Martin, mon nouveau livre de chevet : "La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules", de Philippe Delerm. En le lisant j'ai souri, j'ai ri, j'ai soupiré d'aise, j'ai même versé une
petite larme... Mais comme je ne sais pas bien parler des livres que j'ai aimés, le mieux c'est que je vous recopie carrément une des "histoires"...
Le paquet de gâteaux du dimanche matin
Des gâteaux séparés, bien sûr. Une religieuse au
café, un paris-brest, deux tartes aux fraises, un mille-feuille. A part pour un ou deux, on sait déjà à qui chacun est destiné - mais quel sera celui-en-supplément-pour-les-gourmands ? On
égrène les noms sans hâte. De l'autre côté du comptoir, la vendeuse, la pince à gâteaux à la main, plonge avec soumission vers vos désirs ; elle ne manifeste même pas d'impatience quand elle
doit changer de carton - le mille-feuille ne tient pas. C'est important ce carton plat, carré, aux bords arrondis, relevés. Il va constituer le socle solide d'un édifice fragile, au destin
menacé.
- Ce sera tout !
Alors la vendeuse engloutit le carton plat dans une pyramide de papier rose, bientôt nouée d'un ruban brun. Pendant l'échange de monnaie, on tient le paquet par en
dessous, mais dès la porte du magasin franchie, on le saisit par la ficelle, et on l'écarte un peu du corps. C'est ainsi. Les gâteaux du dimanche sont à porter comme on tient un pendule.
Sourcier des rites minuscules, on avance sans arrogance, ni fausse modestie. Cette espèce de componction, de sérieux de roi mage, n'est-ce pas ridicule ? Mais non. Si les trottoirs dominicaux
ont goût de flânerie, la pyramide suspendue y est pour quelque chose - autant que çà et là quelques poireaux dépassant d'un cabas.
Paquet de gâteaux à la main, on a la silhouette du professeur Tournesol - celle qu'il faut pour saluer l'effervescence d'après messes et les bouffées de P.M.U., de
café, de tabac. Petits dimanches de famille, petits dimanches d'autrefois, petits dimanches d'aujourd'hui, le temps balance en encensoir au bout d'une ficelle brune. Un peu de crème
pâtissière a fait juste une tache en haut de la religieuse au café.
Par Coq
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Mercredi 13 mai 2009
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00:05
de Jacques Le Goff.
Un jour, comme ça, je me suis prise de passion pour le Moyen-Âge. J'ai découvert cette période entre autres grâce à ce livre, qui en est une très bonne introduction. Il
synthétise en effet les travaux et la passion de Jacques Le Goff, historien spécialiste du Moyen-Âge.
La quatrième de couverture résume assez bien l'esprit du bouquin, alors je
vous la recopie telle quelle:
Jeune lecteur de Walter Scott, Jacques Le Goff est parti très tôt à la recherche du Moyen-Âge. Ce fut le début d'une longue aventure humaine, spirituelle et concrète.
Très vite il eut l'intuition de rencontrer un monde à la fois très proche et très lointain.
Il nous offre aujourd'hui une synthèse de ses travaux et de sa longue fréquentation d'un millénaire capital. Refusant la légende "noire" du Moyen-Âge, comme les rêveries trop idéalisées, il fait
revivre l'intense richesse d'une civilisation, marquée par l'Eglise chrétienne. Insistant sur la capacité d'innovation d'une culture qui se disait hostile à toute nouveauté, il n'hésite pas à
évoquer de multiples "renaissances".
Ce livre passionnant et très accessible dessine un Moyen-Âge ignoré, novateur, effrayé par les millénarismes et pourtant largement porté par l'espoir. Jacques Le Goff
montre avec un immense talent que l'humanisme n'a pas attendu la Renaissance pour apparaître. Et que l'Europe à venir ne saurait s'inventer en oubliant son passé.
Extrait du livre:
"Le métier d'historien prenait ainsi place, pour l'adolescent que j'étais, parmi les métiers que l'homme avait inventés pour vivre et faire vivre. Je me sentais proche des médecins et des
artistes - sans doute, pour ce dernier point, à cause de ma mère. Elle enseignait le piano. Je voyais, j'entendais, qu'il suffisait de poser les doigts sur le clavier pour que des oeuvres
anciennes revivent, pour que des époques révolues résonnent parmi nous... Un professeur d'histoire (je ne pensais pas alors devenir chercheur) ne me semblait pas si différent d'un pianiste. Il
fallait déchiffrer, apprendre, transmettre, en restituant la vie. Les documents étaient des partitions et par rapport aux médecins, le passé était un organisme humain à qui il fallait la vie, une
espèce de vie..."
Par Coq
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Mardi 12 mai 2009
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Je vous avais promis quelque chose de plus léger...
Cet album de Tintin, "Les bijoux de la castafiore" (par Hergé) est mon préféré de toute la collection. Il ne se passe rien de particulier dedans, ils ne partent pas dans
une grande aventure à l'autre bout du monde, mais on y retrouve tous les personnages: Tintin bien sûr, le Capitaine Kappock (pardon, Haddock), le professeur Tournesol, les Dupondt, Séraphin
Lampion, la Castafiore, Irmaaaaa, la fanfare de Moulinsart, Milou le chien, le chat, Coco le perroquet...
... et j'ai beau le connaître par coeur, ça me fait toujours autant rire!
Extrait de l'album:
Par Coq
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Lundi 11 mai 2009
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"Si c'est un homme", de Primo Levi, est (malheureusement) une histoire
vraie. C'est le témoignage d'un Juif Italien dans le camp de Auschwitz. J'avais étudié ce livre en Lettres au lycée. J'avais eu la chance d'avoir un prof de lettres passionné et passionnant.
La force de ce livre est de dépasser le simple témoignage pour en faire une véritable oeuvre. Primo Levi ne parle pas que des "méchants nazis", il parle de la nature
humaine en général. Il parle de ses co-détenus, de la bassesse de l'homme même dans l'adversité, mais aussi de ce qui fait de l'homme un être beau et sacré (les passages où il essaye de se
souvenir de vers tirés de Dante, "La Divine Comédie", sont particulièrement touchants).
J'ai retrouvé ce mélange d'horreur et de beauté chez l'être humain dans le film "le Pianiste", de Roman Polanski, où il mêle l'horreur du ghetto de Varsovie à
l'incroyable beauté des notes de Chopin. Chaque fois que je lis ce livre ou vois ce film, je reste de longs moments perplexe, ne sachant plus quoi penser de l'Homme...
Extrait du livre:
"Ainsi s'écoule la vie ambiguë du Lager, telle que j'ai eu et aurai l'occasion de l'évoquer. C'est dans ces dures conditions, face contre terre, que bien des hommes de
notre temps ont vécu, mais chacun d'une vie relativement courte ; aussi pourra-t-on se demander si l'on doit prendre en considération un épisode aussi exceptionnel de la condition humaine, et
s'il est bon d'en conserver le souvenir.
Eh bien, nous avons l'intime conviction que la réponse est oui. Nous sommes persuadés en effet qu'aucune expérience humaine n'est dénuée de sens ni indigne d'analyse, et
que bien au contraire l'univers particulier que nous décrivons ici peut servir à mettre en évidence des valeurs fondamentales, sinon toujours positives. Nous voudrions faire observer à quel point
le Lager a été, aussi et à bien des égards, une gigantesque expérience biologique et sociale.
Enfermez des milliers d'individus entre des barbelés, sans distinction d'âge, de condition sociale, d'origine, de langue, de culture et de moeurs, et soumettez-les à un
mode de vie uniforme, contrôlable, identique pour tous et inférieur à tous les besoins : vous aurez là ce qu'il peut y avoir de plus rigoureux comme champ d'expérimentation, pour déterminer ce
qu'il y a d'inné et ce qu'il y a d'acquis dans le comportement de l'homme confronté à la lutte pour la vie.
Non que nous nous rendions à la conclusion un peu simpliste selon laquelle l'homme serait foncièrement brutal, égoïste et obtus dès lors que son comportement est
affranchi des superstructures du monde civilisé, en vertu de quoi le Häftling ne serait que l'homme sans inhibitions. Nous pensons plutôt qu'on ne peut rien conclure à ce sujet, sinon que sous la
pression harcelante des besoins et souffrances physiques, bien des habitudes et bien des instincts sociaux disparaissent."
Oui je sais c'est pas très amusant comme livre... promis je vous parlerai de quelque chose de plus léger la prochaine
fois...
Par Coq
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